Un article de Ăric BeauprĂ© pour vingt55

Le Festival de films indépendants de Drummondville (FFID) passe à une autre vitesse avec le dévoilement de la programmation de sa 4e édition, présentée les 21 et 22 mai prochains au Cinéma Capitol. Présent à la conférence de presse, Le Vingt55 a pu constater une mise en scÚne soignée et une atmosphÚre digne des grands rendez-vous du cinéma. Avec cette nouvelle édition, le FFID affirme plus que jamais ses ambitions et se positionne comme un incontournable des activités à faire à Drummondville, tout en consolidant sa place sur la scÚne culturelle drummondvilloise.

Le FFID dĂ©voile la programmation de sa 4e Ă©dition, qui sera prĂ©sentĂ©e au CinĂ©ma Capitol. @ CrĂ©dit photo Ăric BeauprĂ© / Vingt55 Tous droits rĂ©servĂ©s.
Le Vingt55 a assistĂ© Ă la confĂ©rence de presse tenue aujourdâhui 15 avril et a pu Ă©changer avec plusieurs intervenants clĂ©s, dont des membres du comitĂ© organisateur et le porte-parole de lâĂ©vĂ©nement et comĂ©dien Ădouard-B. Larocque, dans un contexte oĂč lâengouement pour le cinĂ©ma indĂ©pendant ne cesse de croĂźtre dans la rĂ©gion.
PrĂ©sentĂ©e devant un parterre composĂ© de partenaires, de bĂ©nĂ©voles, dâĂ©lus et de reprĂ©sentants du milieu culturel, cette confĂ©rence a permis de mesurer le chemin parcouru par le festival en seulement quatre Ă©ditions. DâemblĂ©e, les organisateurs ont rappelĂ© lâampleur de la rĂ©ponse Ă lâappel de films lancĂ© le 19 fĂ©vrier dernier 187 courts-mĂ©trages ont Ă©tĂ© soumis en lâespace de quatre semaines, en provenance non seulement du QuĂ©bec, mais Ă©galement de lâEurope et de lâAfrique.
Le FFID 2026 sâannonce comme un rendez-vous oĂč se croisent talents Ă©tablis et crĂ©ateurs Ă©mergents, au cĆur du CinĂ©ma Capitol de Drummondville.
Ce volume important de candidatures a exigĂ© un travail de sĂ©lection rigoureux. Plus de 33 heures de visionnement ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires avant dâarriver Ă une programmation resserrĂ©e, composĂ©e dâun peu plus dâune vingtaine de films. « On a reçu Ă©normĂ©ment de matĂ©riel et la qualitĂ© Ă©tait vraiment impressionnante. On aurait facilement pu Ă©tirer le festival sur plusieurs jours », confie au Vingt55 GeneviĂšve Biron, membre du comitĂ© organisateur. « Mais comme lâĂ©vĂ©nement se dĂ©roule sur deux journĂ©es, il a fallu faire des choix. Et ce nâĂ©tait pas simple. »
Cette sĂ©lection sâappuie sur une volontĂ© affirmĂ©e de reflĂ©ter la diversitĂ© du cinĂ©ma indĂ©pendant. Animation, documentaire, fiction, Ćuvres inclusives ou encore productions en langues Ă©trangĂšres sous-titrĂ©es en français : le comitĂ© a cherchĂ© Ă proposer une programmation variĂ©e, capable de rejoindre diffĂ©rents publics. « Câest important pour nous dâoffrir un Ă©ventail dâexpĂ©riences, autant pour les cinĂ©philes avertis que pour ceux qui dĂ©couvrent ce type de cinĂ©ma », prĂ©cise Mme Biron.
Au cĆur du projet, la mission du FFID demeure inchangĂ©e offrir une tribune aux crĂ©ateurs Ă©mergents et favoriser la rencontre entre les artistes et le public. Une orientation que dĂ©fend avec conviction la directrice du festival, Annie Hamel. « Avant dâarriver sur les grandes plateformes ou dans les circuits plus commerciaux, il faut bien commencer quelque part. Le festival sert justement de tremplin », explique-t-elle en entrevue au Vingt55.
Selon elle, cette dimension est essentielle, particuliĂšrement pour la relĂšve. « On veut donner de la visibilitĂ© aux jeunes, leur permettre de voir leurs Ćuvres projetĂ©es en salle, dans des conditions professionnelles. Ăa peut faire une Ă©norme diffĂ©rence dans un parcours. Si on peut allumer une Ă©tincelle, susciter une vocation, câest dĂ©jĂ une rĂ©ussite. »
Mme Hamel souligne Ă©galement la progression constante du festival depuis sa crĂ©ation. « Ă chaque Ă©dition, on sent quâon monte dâun cran. On gagne en expĂ©rience, en notoriĂ©tĂ©, mais aussi en crĂ©dibilitĂ© auprĂšs des crĂ©ateurs. Les gens connaissent de plus en plus le festival et veulent en faire partie. »
Cette reconnaissance croissante se reflĂšte aussi dans la participation des artistes et artisans, dont la grande majoritĂ© a dĂ©jĂ confirmĂ© sa prĂ©sence lors de lâĂ©vĂ©nement. Des pĂ©riodes de questions-rĂ©ponses (Q&A) sont dâailleurs prĂ©vues aprĂšs plusieurs projections, permettant au public dâĂ©changer directement avec les Ă©quipes de films.

En entrevue au Vingt55, le porte-parole de cette 4e Ă©dition, le comĂ©dien Ădouard-B. Larocque voit dans cette proximitĂ© lâune des grandes forces du FFID. « Ce qui est intĂ©ressant, câest quâon peut dĂ©couvrir des talents quâon ne verrait pas ailleurs. Il y a Ă©normĂ©ment dâartistes qui travaillent dans lâombre, en dehors des grandes productions, et qui mĂ©ritent dâĂȘtre vus », souligne-t-il au Vingt55.
Lâacteur, qui cumule dĂ©jĂ plusieurs expĂ©riences Ă lâĂ©cran, insiste aussi sur lâimportance des rencontres. « Un festival comme celui-lĂ , câest aussi un lieu dâĂ©changes. On peut discuter avec des rĂ©alisateurs, rencontrer dâautres comĂ©diens, crĂ©er des liens. Ăa peut ouvrir des portes. »
Il invite dâailleurs le public Ă participer en grand nombre. « Il y a des films pour tous les goĂ»ts. On a une belle sĂ©lection cette annĂ©e, et câest une occasion unique de dĂ©couvrir autre chose », souligne-t-il.
Pour Laurence MĂ©nard, jeune Ă©toile montante qui nâa pas froid aux yeux, il sâagit dâun rendez-vous qui permet Ă chaque comĂ©dien et artisan du milieu de tisser des liens et de forger des contacts. En entrevue avec le Vingt55, elle rappelle Ă©galement que lâĂ©vĂ©nement offre au public une vitrine privilĂ©giĂ©e sur les talents Ă©mergents du cinĂ©ma. « Ce sont des crĂ©ateurs, des rĂ©alisateurs et des comĂ©diens qui, un jour, pourraient voir leur carriĂšre et leurs films projetĂ©s sur grand Ă©cran, ici ou dans des festivals dâenvergure comme Cannes. Le FFID devient ainsi une occasion de dĂ©couvrir les meilleurs talents dâaujourdâhui et de demain », ajoute-t-elle.
Du cĂŽtĂ© des institutions, lâappui est Ă©galement bien prĂ©sent. ReprĂ©sentant la Ville de Drummondville lors de la confĂ©rence, Mario SĂ©vigny a insistĂ© sur le rĂŽle structurant de la culture dans le dĂ©veloppement de la communautĂ©. « Ă Drummondville, la culture, ce nâest pas simplement un rendez-vous dans lâagenda. Câest ce qui nous rassemble, ce qui nous distingue et ce qui nous fait avancer comme milieu de vie », a-t-il dĂ©clarĂ©.
Il a saluĂ© le travail des organisateurs, rappelant que le festival contribue Ă positionner la ville sur la carte du cinĂ©ma quĂ©bĂ©cois. « En seulement quatre Ă©ditions, vous avez rĂ©ussi Ă crĂ©er quelque chose de significatif. Vous offrez des moments de rencontre entre les Ćuvres et le public, entre les crĂ©ateurs et les citoyens. »
Au-delĂ de lâaspect artistique, il a Ă©galement Ă©voquĂ© les retombĂ©es pour la collectivitĂ©. « Ce type dâĂ©vĂ©nement attire des visiteurs, gĂ©nĂšre de lâactivitĂ© Ă©conomique et participe Ă la vitalitĂ© du centre-ville. Mais surtout, il enrichit notre regard sur le monde. »
La programmation dĂ©voilĂ©e confirme cette volontĂ© dâouverture. Le jeudi 21 mai, une soirĂ©e tapis rouge lancera les festivitĂ©s avec la prĂ©sentation de huit courts-mĂ©trages, dont Le Carnet dâAlex Moyen, Le poids de la vĂ©ritĂ© dâHenriette Sena Hangnanmey et Le Batteur de William Cantin, prĂ©sentĂ© en premiĂšre mondiale.
Le vendredi 22 mai proposera quant Ă lui trois volets distincts. En aprĂšs-midi, une activitĂ© rĂ©alisĂ©e en partenariat avec la SociĂ©tĂ© Alzheimer Centre-du-QuĂ©bec mettra en lumiĂšre des Ćuvres abordant des enjeux humains et sociaux, avec la participation de cinĂ©astes et dâinvitĂ©s issus du milieu artistique. En soirĂ©e, un documentaire dâenquĂȘte sera prĂ©sentĂ© en primeur, avant de cĂ©der la place Ă une seconde soirĂ©e tapis rouge consacrĂ©e Ă la relĂšve.
Cette derniĂšre mettra en vedette neuf courts-mĂ©trages issus de diffĂ©rents Ă©tablissements dâenseignement, sĂ©lectionnĂ©s parmi 53 propositions Ă©tudiantes. Une dĂ©monstration claire de la vitalitĂ© du milieu et du potentiel des jeunes crĂ©ateurs.
Pour GeneviÚve Biron, cet aspect demeure central « La relÚve est impressionnante. Il y a des comédiens, des réalisateurs, des techniciens qui ont énormément de talent. Le festival leur donne une plateforme, mais aussi une occasion de rencontrer le public et de se faire connaßtre. »
Elle insiste Ă©galement sur lâambiance propre au FFID « Ce qui ressort souvent, câest lâaccueil. Les gens qui viennent ici sont contents, les cinĂ©astes sont heureux de prĂ©senter leurs films Ă Drummondville. Il y a une proximitĂ© quâon ne retrouve pas partout. »
Isabelle Smith, membre du comitĂ© organisateur, indique adorer les films de rĂ©pertoire et le cinĂ©ma indĂ©pendant « Je considĂšre quâil y a Ă©normĂ©ment de rĂ©alisateurs qui ont du talent, et je crois quâil est important de leur offrir de la visibilitĂ©, ce que fait le FFID. De plus, en mâimpliquant dans le design et le site web du FFID, câest ma façon de leur donner la place quâils mĂ©ritent. »
Le Vingt55 rappelle que la billetterie est dĂ©jĂ ouverte, les organisateurs lancent un appel Ă la population. Les billets, offerts au coĂ»t de 10 $ par activitĂ©, permettront non seulement dâassister aux projections, mais aussi de soutenir directement les crĂ©ateurs, une partie des profits Ă©tant remise aux cinĂ©astes.
Ă lâapproche de cette 4e Ă©dition, le FFID confirme ainsi son positionnement comme un Ă©vĂ©nement culturel incontournable dans la rĂ©gion. Entre dĂ©couverte, rencontres et mise en valeur de la crĂ©ation indĂ©pendante, le festival entend poursuivre sur sa lancĂ©e et continuer de faire rayonner le cinĂ©ma sous toutes ses formes, ici mĂȘme, Ă Drummondville.
